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| Mai 2012 | ||||||||||
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Le vase de Chine
Le vase était sur la petite table arabe du salon et avait été tranformé en lampe surmonté d’un abat jour galonné de satin et de velours. Le motif en relief était double, d’un côté le spectacle du combat d’hommes en armes me révulsait, de l’autre papillons et chrysanthèmes m’enchantaient . Je grondais les uns et je murmurais aux autres l’histoire de leurs amours. Il avait été ramené par mon grand père qui racontait comment il avait été à Shanghai dont il prononçait le H aspiré et nous parlait avec son accent de Belleville du shanghai dollar, une pièce énorme comme une galette au beurre, des types qui sculptaient les grains de riz dont on ne pouvait voir l’œuvre qu’au travers d’une loupe, ceux qui sculptaient dans l’ivoire des boules imbriquées les unes dans les autres « fallait voir l’travail »et les gars sur le port qui mettaient les bateaux en bouteille. Le sien n’avait pas de voiles, on n’avait pas eu le temps de les mettre avant le départ pour la Cochinchine..
La table arabe
Marquetée de bois de quatre couleurs différentes, j’ai appris avec cette table à compter à diviser et surtout à observer les motifs symétriques qui alternaient sur ses huit faces. Pas une ne portait le même motif. Elle m’a suivuie longtemps jusqu’à ce que je la ramène à la maison et que mon père l’offrit à un vague connaissance qui désirait avoir « un salon oriental » . Peu importe l’essentiel est l’histoire qui m’y attache et dont nul ne saura me déposséder..
La Bigouden
Elle me menait tous les jours à l’école maternelle et j’admirais sa coiffe.
Pourquoi m’avait-on désignée en fin d’année scolaire pour être la « star » du spectacle de fin d’année ? Parce que mon père animait la fédération des parents d’élèves?Parce que je savais sautiller d’une jambe à l’autre? Parce que je savais répondre en solo et a capella s’il vous plait aux questions de la chansonnette sur laquelle je dansais en faisant claquer mes sabots ?Je n’ai jamais perdu l’habitude depuis de danser dans la vie avec des sabots…Ce fut la seule fois où je portais une croix
L’histoire :
Cette photo résume l’ensemble d’une réflexion sur deux civilisations de l’écrit et ma rencontre avec ces deux mondes.