Lundi 25 décembre 2006
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22:33
A Noël c'est parti, tri par le jeu et dés pipés. Emission sur les consoles vidéos avec un môme à la voix de playmobil premier de la classe et expert en jeux et monsieur le grand chantre de l'addiction des méninges par Niquetonado dans le poste radio :" il n'y a aucun danger si votre enfant continue à faire ses devoirs. Par contre si il s'enferme dans sa chambre c'est qu'il a un problème." Bien sûr , pour le gosse qui a une vie équilibrée, la grande barraque et toute la panoplie pas de problème. Mais pour celui qui rame avec ses pompes qu'il fait durer, he bien bernique coco. Il plonge oui, il a un problème , et leurs jeux video créent cette sensation de toute puissance qui lui permet d'être bien sage soumis, par ailleurs. Si il veut rester dans la course il y passera ses économies, ramassera tout ce qu'il peut en argent comptant, suppliera ses parents , ou leur fera honte en disant "tous mes copains en ont une " y passera sa de serveur chez mac ro ou son livret jeune, et il l'aura sa machine à zapper le réel à 600 euros...
Par MADALIAN
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Dimanche 17 décembre 2006
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01:31
Nanette va au marché
Holala quelle chaleur aujourd'hui ! Tiens v'la mon homme qui s'apprête à faire une photo de sa Nanette, et au dos il mettra un commentaire du style « Nanette va au marché ». Heureusement que j'ai mis mes lunettes de soleil sinon ça se verrait que je fronce les sourcils. J'ai pas l'habitude moi d'aller au marché. Il me fait rire lui. Si il croit que c'est marrant les pensions de jeune filles dans le Cantal? Bon. Il faut bien que je le fasse le marché, y'a pas de bonne ici comme à Shanghai, ni de bonnes soeurs comme dans le Cantal pour faire les courses . Ma mère ne faisait pas le marché. Ou alors c'était pour rire ou pour discuter en russe avec les gens de la patisserie. Ils faisaient de ces gâteaux! Ici y'en n'a pas. La frangipagne, c'est pas mauvais mais bon . Ceux qui faisaient les meilleures pâtisseries c'étaient les juifs d'europe centrale. Hum ! Ces roulés aux pommes, ces macarons, et des monstruosités à la crème!A se damner! Bon ça fait un an à présent que la guerre est finie dans le Pacifique et toujours pas de nouvelles d'Alexandre. Je lui ai écrit quand je me suis mariée. Hé bien, c'est fini monsieur ne connaît plus personne. Il nous a oublié sa mère son frère et moi. Zou à la trappe! Alors on m'dit: Mais non! Nanette, tu te fais des idées c'est un farceur il va revenir! Oui je les crois tiens! Là au bout de la rue.Ho, je rigole mais? Ce type en face, la cinquantaine, grand, costard léger ? Non tu rêves,Nanette, tu le sais bien il s'en fout. Il se la coule douce sur une île avec sa chinoise. Ils sont tous partis, par le Japon les Philipines, Taïwan? En bateau en catalina. Les rats ont fui le navire qu'il dit mon homme. Lui mis à part son atelier aux chantiers et son syndicat, la Seyne sur mer et la rue Cyrrus Hugues, le seul bateau qu'il ait pris c'est toulon la Seyne. Porquerolles c'est déjà la croisière. Et puis pour lui mon père c'était un connard de capitaliste, un exploiteur, faut l'entendre , l'art il y croit, mais au service des idées nouvelles,. Ah le Grand jour ! Ca il connaît. Mais bon. On va bien finir par avoir des nouvelles d'Alexandre maintenant que tout se tasse.Pfff! une bombe sur la tête de ces pauvres bougres d'Hiroshima. Z'avaient besoin de la faire péter leur bombe ces salauds. Y'en avaient pas assez des morts. Il leur fallait un quota supplémentaire chez les jaunes pour être sûrs d'avoir raison et histoire de donner aux amerlocs un pied à terre face à l'asie. Halala Pauvre France et pauvre français. Si on continue comme ça les amerlocs ils vont finir par faire bouffer leurs saloperies de hamburger à toute la planète. Ah! la belle vie... Pour mon père avec la prise du pouvoir par les communistes, c'est fini les affaires de gros sous, la foncim et les autres. Vont tout collectiviser et bâtir un nouveau monde qui m'dit mon homme. ( moi ça m'arrangerait bien qu'il ait quand même pu emporter un peu d'artiche, parce qu'on roule pas sur l'or aec mon Riri) Oh, c'est vrai que la misère à Shanghai c'était queque chose. Y bouffaient n'importe quoi les pov mecs, et les étrangers comme les chinois quand ils étaient dans la dèche. Et ils savaient s'y mettre! Non ...Alexandre? Non pas lui, l'opium, non...
Monsieur est à Hawaï et moi je fais les courses .
Ohlala, ces chaussures fermées. Mes pieds sont en train de bouillir là dedans. Encore heureux que j'en ai au moins une de paire de pompes, parce qu'avec la guerre on va pas loin. Mais alors la colerette au crochet avec laquelle Mimi a donné un coup de neuf à ma p'tite robe en coton c'est grandiose! Ca me fait un décolleté...
à la russe, d'autant qu'ils sont à la mode les russes ici. Une mairie rouge comme toute la région toulonnaise à la libération d'ailleurs. Alors pour être dans le ton, hop deux tresses j'te les fixe au dessus de la tête et c'est parti pour faire les courses style femme modèle du kolkoze. Quoi? Avec les lunettes de soleil ça fait un peu Maryline? Non! J'suis pas à une contradiction près ... Si je ne prends pas ce rôle ici qui le prendra à ma place, j'vous d'mande un peu? Holala, si mon père me voyait. Riri il a raison il nous ferait une attaque Alexandre. Pfou! Il repart en courant , et il est pas près de reconnaître le coin ni de retrouver son casino. Il est question qu'ils en fassent un village vacances du Casino ou une colonie pour les mômes de Lorraine. Mon Pierre ça lui ferait du bien de partir en vacances , mais nous sous prétexte qu'on a le soleil on les oublie un peu nos gosses. Holala cet homme là, en tenue d'officier... Il a de l'allure ce gars, et pas vieux hein. Ho ben !Le voilà qui me sourit juste d'un coin se sa bouche. Et sa bonne femme la p'tite grosse qui n'y voit qu'du feu. Riri lui il est resté derrière, l'enrouleur de l'appareil photo leika est resté bloqué. J'lui avait dit kodak c'est mieux.
Mais non les camarades les camarades et les camarades. Oh mais voilà t-y pas notre officier s'approche...
-Hello
(en anglais qu'y 'm parle il est barge et sa boulotte de femme avec son air gêné et sa bouche arrondie. Où il est Riri?)
-Sorry Madam, you're from USSR I suppose (ha ça c'est la meilleure)
-Da da sovietic moi kolkoze prrrès Stalingrad, avant Petrrrograd,
-Ah ah Petrograd city of the tsar. Not good tsar not good
(oh le pov' type si y savait que ma mère est une russe blanche)
-You are born there? Il se penche vers sa femme:
"t'as vu jeannot elle parle angliche elle aussi
-Oh Loulou laisse la! Merci merci madame à bientôt dit-elle à Nanatte gênée
(la rondouillarde s'exprime enfin, elle a l'air brave mais lui j'peux pas, faut que j'me paye la tête de ce gradé, sourire complice à la dame et j'attaque)
-No let's have a chat for a while. I'm born in Tianjin in China.
-Oh china good Tian Anmen, Mao our comrade!
( Ouiais pour l'instant grâce à mao si j'suis plus sure d'avoir encore un père j'suis certaine de n'plus avoir un rond)
-Yes, you know I was with my mother in China because the white took my mother with them to force her to work for them.
-Les pourris! L'officier a immédiatement une expression d'amertume qu'il accompagne d'un "ha c'est pas possible" insistant sur les "p". Tous ces sales types!
-Oh yes mister ! And then,elle a ôté ses lunettes et roule des yeux affolés, we have had an opportunity to go back to our country in 1939, on that time my mother was dead but with a friend of her -a very brilliant person who played the one who is an american while she was a jew- so we traveled trough the mandchoukuo and then we joined the red army just near Petrograd. The friend of my mother is dead. Da da and the great communist party of the soviet union took care of me... (mince le riri qui revient )
-Oh Camarade Lerod... je te reconnais pas en guignol de la marine là avec les rubans de noël sur la casquette et alors?
-Oh Camarade Frideche c'est toi qui est chargé de faire visiter la ville à la délégation russe? Et ta femme?Je te présente la mienne Jeanne
-Enchantée Madame.Ma femme? Oh tu fais le couillon Louis ou tu le fais exprès, tu la reconnais pas Nanette que tu l'as vu quand on a tenu ensemble le stand des lapins, ou le jeu de massacre je sais plus ,l'année dernière? Bon c'est vrai pas longtemps parce que hein comme elle était enceinte...
Silence intrigué de Lerod, reflexion, rire de circonstance, vehémént , évident, forcé et puis:
-He bien camarade elle est charmante ta femme, et elle parle bien anglais. Elle m'a fait marcher,quel rire, je croyais qu'elle faisait partie de la délégation...
-C'est une blagueuse ...comme son père. Peuchère!
-Toujours pas de nouvelles?
-Non toujours pas.
-Pfff, c'est terrible ...
-Bon mais hein les capitalos c'est les capitalos, ils n'ont pas du se gêner les camarades chinois, je vais te dire.
-Non camarade Frideche ils n'ont aucune raison de casser l'appareil de production et il vont essayer d'éviter le sabotage, laisse faire, va on verrra. Moi j'ai confiance dans la grande révolution prolétarienne.Vive l'internationale communiste!
-Vive l'internationale communiste!
Tiens ils ont l'air malin là. Et moi je lève le poing comme eux. Pov' tit' mère . Heureusement que la rondelette elle respire la franchise cette femme et elle a l'air de savoir ce qu'elle dit même si elle ne dit pas grand chose. Oui je sais je l'ai rencontrée au Conseil Communal pour la Liberté et la Paix.
Par MADALIAN
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Samedi 16 décembre 2006
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17:35
En mer
La foule massée sur le bastinguage se laisse transporter par la douce sensation de rupture définitive et irréversible que procure la contemplation de la côte qui s’éloigne. Après avoir agité leurs chapeaux et leurs mouchoirs, lancé un dernier cri, tous se relient dans un silence, une forme de méditation, ils se sentent à la fois légers et graves. Alexandre est transporté par une sensation de libération infinie, son passé se détache de lui et s’éloigne avec le rivage blanc et lumineux des montagnes de Marseille, réduisant la ville puis cete satanée patrie à l’état de souvenir . Quand ils croisent le chateau d’if il ne peut s’empêcher d’imaginer de quel côté le héros d’Alexandre Dumas s’enfuit. Alexandre ne court pas après une vengeance mais bien une revanche sur la vie qui l’a mené à fermer la porte sur son enfance et sa jeunesse parisienne. Avec les quais de la Joliette et le phare du Planier qui disparaissent dans le paysage ce sont les halles de Baltard qui s’enfoncent dans le paysage.
Ces grandes halles où son père courait de négociant en négociant pour enregistrer les ventes avec son oncle Jean . Ah Jean! Un sacré bonhomme toujours le mot pour rire, connu de tous et qu’on avait parfois du mal à arracher à une de ces conversations qui le menait tard dans la nuit au Café du Croissant avec ses amis socialistes et dreyfusards. La SFIO son cheval de bataille, l’huma son arme et on le voyait la baguette coincée sous le bras entourée du journal, casquette enfoncée sur la tête, lancer la polémique autour de rien et de tout. Tiens v’la les pinardiers qui débarquent. Oh les gars quand est-ce que vous amènerez nos généraux à notre cause. Z’avez bien réussi à convaincre un régiment, comme c’est le 17 ème il en reste au moins 16 dans l’infanterie . Qu’est ce que vous foutez faiut continuer l’boulot. Pfff ces gars du midi y finissent jamais c’qui commencent j’te dis. Bon combien de tonneaux. Hum . Il est bon vot pinard. Met une barrique en perce qu’on y goûte allez, on te
f’ra la réclame. Oh les lascars vl’a l’midi qui régale !!! et les voilà qui au passge boivent un coup au pichet sans lâcher leur colis, passant le pot au type qui les suit. Y frappe ton jus , c’est du combien du 12 ou du 13 degré?. Quoi ? Ah vous le coupez avec les vins d’Algérie Hola mais c’est qui connaissent du monde les gars du midi, y s’font aider par les moriacuds maintenant. J’vais t’dire moricauds mocco y’a pas trp d’différence ajoute un gonze. Raconte pas de connerie l’lascar quand y marchent au pas les types y zont tous deux jambes et si y zen perdent, restent tous bancals. T’as vu les gars qui sont rentrés d’Pekin, et de la Cochinchine . Bon alors la ferme . Et les gars et du midi ne relèvent pas . Ils reniflent le bouchon tranquillement: Tu vois Antonin, le vin y devient acide avec ces coupages …
Par MADALIAN
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Mardi 12 décembre 2006
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00:09
Le fiacre le dépose devant la compagnie Fraissinet où un employé enregistre sa lourde malle, Alexandre ne garde avec lui que son scarmouth aux fermetures rutilentes. Au mur,les affiches aux couleurs criardes égrènent les escales Port Saîd, Suez, Bombay, Colombo,Singapour Saîgon, Hong kong Kobé. Plus d’un mois de traversée. Le dépliant qu’il feuillette vante la qualité du service à bord, annonçant même l’existence d’un service funéraire et de caisses de plomb prévues pour ceux qui auraient la fâcheuse idée de succomber en cours de route . Quelle idée d’annoncer une telle éventalité ! Comme si les gens au lendemain de la guerre envisageaient un tel destin sur la passerelle d’embarquement. Le visage de cet homme coiffé d’un feutre ne lui est pas inconnu , oui Drolen ce journaliste du petit parisien : -Alors mon ami avez-vous touché un mot à votre direction pour poursuivre votre route avec moi ?
-Non la rédaction estime que pour l’instant un papier sur la situation à Addis Abebba suffit amplement . Pensez un peu avec ce que les Tommy nous préparent au Moyen Orient ce n’est pas demain qu’ils m’enverront faire le pitre avec nos asiates.
-Comme vous y allez mon cher .Vous n’allez pas me dire que les informations fournies par le docteur Cinyer vous laissent froid. -Certes, non, mais il me semble plus important de m’atteler à ces terres où la présence française est d’une certaine manière plus enracinée. Et puis il y a ces chantiers lancés en Afrique Occidentale par nos ingénieurs des ponts où pas mal de types qui ont osé se dresser contre le pouvoir colonial périssent au nom de la civilisation à marche forcée.
-Non non Léon la situation sur la Côte française des somali m’oblige à m’arrêter en Ethiopie. J’y goûterai le cat à défaut de pouvoir m’abandonner aux voyages opiacés.
- Pourtant l’accord passé par Clémenceau sur le Shandong avec l’Empire du milieu ne sera pas sans conséquences.
- Cela fera votre affaire croyez moi et la présence de personnes telles que vous est du plus grand intérêt pour nous autres journalistes. Un jauressien travaillant main dans la main avec les requins de la finance voyez-vous cette éventualité m’amuse en un sens .
-Voyez-vous ça, mais dites moi n’est ce pas vous qui avez commis cet article qui fait de Marseille une annexe italienne . Il me semble mon cher que vous allez vite en besogne car vous feriez mieux d’aller voir de plus près ce qu’il est advenu du quartier derrière la bourse et de la foule que j’y ai croisé lors de mon embarquement pour L’Algérie. On remodèle cette ville en s’appuyant sur vos écrits et ma foi ce n’est pas les Habitations Bon marché prévues par la nouvelle municipalité qui recréeront l’ambiance de ce qui est devenu un bourbier pour je ne sais combien d’années. Je parierai que mes petits-enfants auront fait leur propre service militaire que ce quartier sera encore un terrain vague.
- Vous persiflez Leonard sur ceux qui pourraient être vos employeurs .
- Non Monsieur, ils iront chercher des Hébrard et consonrs qui sauront bien leur bâtir des immeubles à l’image de leurs appétits.
Je les connais pour avoir été avec eux aux beaux-arts, leurs créations répondent tout à fait à cette bourgeoisie puritaine dégoulinante de conformisme et de patriotisme qui a fait fortune avec la guerre comme ce Godillot qui s’est fait construire un palace à Hyères les palmiers, à la fin du siècle dernier.
- Bien dit ! Vous verrez les français ne manqueront pas de mettre le nom de ceux qui les ont fait avancer à la boucherie sur les plaques de leurs rues. Plus d’un a maudit ses godasses et nombre d’entre eux se sont tirés une balle dans le pied pour ne plus avoir à porter ces fichues pompes pour le compte de ces salopards qui pendant ce temps plaçaient leurs avoirs un peu partout sur la planète.
Par MADALIAN
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Vendredi 8 décembre 2006
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14:56
Retenant d’un geste son chapeau, Alexandre guette l’arrivée des fiacres au pied des grands escaliers de la gare Saint Charles . Il n’a pas resisté un instant à les dévaler, après un rapide aperçu sur la mer et ses promesses . Il laisse derrière lui la gare, le fracas des loccomotives et des wagons, les sifflements, les jets de vapeur, vacarme , qui le ramène sans cesse à l’infernale machine de guerre qu’observateur en ballon il avait été contraint à scruter, analyser et décrire. ,pendant 4 ans. Son regard se pose sur les imposantes statues fraîchement installées en bas des premières marches . Les colonies d’Afrique, côté ombre, d’immenses gaillards vêtus d’un pagne chargés de lourds ballots, des méharis, des femmes voilées, caricatures de ces êtres qu’il croisait , dans Alger la Blanche où il fit ses classes. Ces personnages animaient de leur passage les croquis de ces édifices dont il a jeté les premiers traits sur ses carnets : Hotel de luxe de style colonial, 1er accessit d’architecture au prix de Rome , mieux vaut ne pas y penser . Côté soleil une autre statue monumentale. Alexandre laisse sa malle, nul ne pourrait partir avec en courant, et entreprend de traverser les escaliers sur toute leur largeur le long de la première marche . Pardon monsieur … mademoiselle …je vous en prie passez… non merci je ne digère pas les cacahuètes grillées, oups ! « Mais enfin monsieur on regarde où l’on va quand on avance « . Ce bedonnant en haut de forme a bien failli le terrasser et le voilà qui l’invective en le détaillant des chaussures au feutre, la tête légèrement inclinée, exprimant à la fois tout le dédain mais aussi l’intérêt qu’il porte à l’un de ces types démobilisés qui, et c’est bien malheureux de le constater encore une fois , n’ont plus aucune notion des usages et de tout ce qui fait l’urbanité d’un homme ! Son regard s’arrête sur la rosette qu’Alexandre affiche sur son léger costume rayé et, gêné, il jette un oeil derrière lui pour houspiller ceux qui l’accompagnent. « Allons vous autres, ne restez pas plantés là comme des gobis la bouche ouverte ! Ces messieurs de la bourse ne nous attendent pas pour faire des affaires et ils ne viendront pas à Aix nous chercher ! Allez, Rouves, pressons, pressons». Alexandre a déjà presque atteint l’autre statue, il admire le geste de cette jeune femme qui à son approche tourne le dos en s’enveloppant de son châle pour lui lancer, le menton sur l’épaule, un regard lourd de promesses. Non, les formes des annamites qui composent le second groupe le fascinent.Le sculpteur a usé de ces lignes sobres et anguleuses qui souligent l’élégance du costume et confèrent à l’ensemble cet esprit art nouveau. Si l’Afrique et ses colonies bouillonnaient d’action, la Cochinchine ici affichait le visage serein d’êtres dont on devinait la précision des gestes.
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Vendredi 8 décembre 2006
5
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/2006
14:35
Un grand merci à Brigitte qui a sauvé quelques scribouillages, détruits par un fâcheux. Avec Brigitte c'est une autre mémoire, celle de son amah au Vietnam. Je sais tout des amah (ou presque) grâce à elle , et aujourd'hui je me souviens surtout de la façon dont elles utilisaient l'encens pour chasser le mokui tout partout dans la maison en faisant bien attention de faire le tour des portes .
Par MADALIAN
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Lundi 4 décembre 2006
1
04
/12
/Déc
/2006
23:55
Par MADALIAN
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Lundi 4 décembre 2006
1
04
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/2006
13:30
Par MADALIAN
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Samedi 2 décembre 2006
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Par MADALIAN
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Vendredi 1 décembre 2006
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01
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12:41
Il y eut un homme , nommé Alexandre Leon , qui était architecte à Shanghai de 1920 à 1946. Les bâtiments de la concession française construits sur ses plans ont été conservés. Son nom en chinois correspond à la prononciation de lion en anglais, vu au travers des sonorités propres au chinois,
Lai An 赉安.
Woyixi est la transcription du nom de l’associé d’Alexandre Léon , ce qui nous renvoie à voice . Lion Voice la voix du Lion, voici ce qu’entendaient les Shanghaiens lorsque l’on parlait du cabinet d’architectes . A Shanghai, il existe un style Laian et il est du plus grand chic d’habiter un immeuble ou une villa Laian. Seul le nom de Léonard a subsisté, l’idée du lion, pas celle de ses rugissements. Paradoxalement en France celui de son associé est beaucoup plus fréquent dans les publications sur l’architecture de Shanghai des années trente. Pourquoi ? Alexandre Léon est selon la rumeur officiellement mort d’un accident de chasse, mais il s’agirait de « bien autre chose ». Voilà ce que sa fille apprend, lorsque Woyixi, l’associé d’Alexandre, rentre en France en 1952. Il reste à cette femme quelques photos transportées dans ses bagages de gamine de 13 ans quand elle quitte Shanghai en 1939, et pour ses enfants juste le souvenir fabuleux d’un grand-père qui roulait dans une superbe automobile, aimait le théâtre et la chasse, accueillait les artistes. Sur Alexandre Léon , ses amis, ses motivations,sa mort nous ne savons rien, presque rien. Pas d’archives familiales, pas de relations pouvant témoigner, pas d’acte de décès.
Par MADALIAN
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