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Samedi 31 janvier 2009 6 31 /01 /Jan /2009 20:19

Le vase de Chine

 

Le vase était sur la petite table arabe du salon et avait été tranformé en lampe surmonté d’un abat jour galonné de satin et de velours. Le motif en relief  était double, d’un côté le  spectacle du combat d’hommes en armes me révulsait,  de l’autre papillons et chrysanthèmes  m’enchantaient . Je grondais les uns et je murmurais aux autres l’histoire de leurs amours.  Il avait été ramené par mon grand père qui racontait comment il avait été à Shanghai  dont il prononçait le H aspiré et nous parlait avec son accent de Belleville du shanghai dollar, une pièce énorme comme une galette au beurre, des types qui sculptaient les grains de riz  dont on ne pouvait voir l’œuvre qu’au travers d’une loupe, ceux qui sculptaient dans l’ivoire des boules imbriquées les unes dans les autres « fallait voir l’travail »et les gars sur le port qui mettaient les bateaux en bouteille. Le sien n’avait pas de voiles, on  n’avait pas eu le temps de les mettre avant le départ  pour la Cochinchine..

 

 

 

 

 

 

 

 

La table arabe

 

Marquetée de bois de quatre couleurs différentes, j’ai appris avec cette table à compter à diviser et surtout à observer les motifs symétriques qui alternaient sur ses huit faces. Pas une ne portait le même motif. Elle m’a suivuie longtemps jusqu’à ce que je la ramène à la maison et que mon père l’offrit à un vague connaissance qui désirait avoir « un salon oriental » . Peu importe l’essentiel est l’histoire qui m’y attache et dont nul ne saura me déposséder..

 

La Bigouden

 

Elle me menait tous les jours à l’école maternelle et j’admirais sa coiffe.

Pourquoi m’avait-on désignée en fin d’année scolaire pour être la « star » du spectacle de fin d’année ? Parce que mon père animait la fédération des parents d’élèves?Parce que je savais sautiller d’une jambe à l’autre? Parce que je savais répondre en solo et a capella s’il vous plait aux questions de la chansonnette sur laquelle je dansais en faisant claquer mes sabots ?Je n’ai jamais perdu l’habitude depuis de danser dans la vie avec des sabots…Ce fut la seule fois  où je portais une croix

 

L’histoire :

Cette photo résume l’ensemble d’une réflexion sur   deux  civilisations de l’écrit et ma rencontre avec ces deux  mondes.

Par MADALIAN - Publié dans : la-scribouillarde
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Dimanche 17 février 2008 7 17 /02 /Fév /2008 13:26
Faites entrer l'accusée!


Mademoiselle Est Né de  Faux  entre, petite presque fragile , elle pose  ses pieds  sur le sol avec une forme de circonspection et regarde droit devant elle , à la barre elle croise les bras puis les pose sur la barre, et soulève un pied...le gauche et change de position pour poser sur le sol la pointe du pied...droit.Et oui le naturel revient au galop. Ton pied d'appel c'est le gauche...

....
Vous êtes accusée de violences ayant entraîné la mort sur la personne de Bruno Lerod. Elle secoue la tête en arrière geste machinal des persones qui vivent le regard voilé par la mèche derriere laquelle elles se cachent. Pourtant la demoiselle de 30 ans n'a pas de mèche qui la gêne . Elle porte un petit chignon bon chic bon genre avec les pendants d'oreille assortis. Elle avance le cou et semble mal à l'aise dans ses baskets noires.

...identité:....
...profession: au chômage mère seule avec trois enfants dont un bébé de quinze mois.


...
Mademoiselle dit: j'ai beaucoup souffert dans mon enfance . Mon père travaillait dans le bâtiment...
Je pense: c'est pas faux...les promoteurs immobiliers travaillent effectivement dans le bâtiment

puis: Il est tombé malade et ma mère a été obligée de travailler....
Je me sens comme une impatience: ouais instite dans le public et ses gosses dans le privé...Obligée...une première pour les femmes de nos jours! Qui d'entre nous peut se permettre de ne vivre qu'avec un seul salaire?

et encore: j'étais dans une école privée  confessionnelle catholique quoi... j'ai fait des bêtises. Alors on m'a envoyée dans une autre école privée. Mais en fait c'est à cause de ma soeur... Elle a commencé à faire des bêtises et je l'ai suivie. J'étais en rupture avec mes parents
La encore la platitude de ses propos m'exaspère: bon cocotte on voit t'as grandi dans une famille de cons et tu t'en es rendue compte à l'adolescence. On a parfois des éclairs  de génie à cette période de notre vie mais ça ne dure pas en général...Et puis avec une éducation pareille difficile de s'en sortir...Et en plus ces cons d'adultes bein pensants  font croire aux gosses qu'il suffit de déclarer ses fautes pour en être lavés... Quelle éducation de merde. Je la plaindrai presque pour cela. Il est vrai que "tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents..." ...bien.

Et cette bouche de dégoiser sa vie d'infâme, de son premier boulot dans un bar de la basse ville à son mariage avec un autre Bruno avec qui elle va vivre et se marier, très vite, un marin qui en quinze jours se retrouve futur père...et qui se met à boire... et qui la bat....
le juge : mais les voisins disent qu'il était très aimable et s'occupait de tout et que vous vous êtiez bizarre, pas aimable, avec un drôle de regard...

Non non il la battait d'ailleurs, qu'elle devait se priver de nourriture pour élever ses enfants ( ou pour payer ta came?) elle l'a quittée est devenue anorexique et il avait la garde des enfants mais elle les a enlevés... et après ils se sont retrouvés à la dass et ensuite elle vivait avec avec un autre mec et lui il était gentil il ne la battait pas et elle allait voir les enfants chez la gardienne et quand elle a été en mesure de les reprendre il l'a quittée et elle ... Elle a trouvé l'autre Bruno, Lerod un soir de fête de la musique.
Colère en moi: menteuse tu le connais depuis fort longtemps notre Bruno...tronche d'ail,, pétasse figue molle, ça n'a pas de rate ces gens là. Ca porte blason haut, ça affiche ses bagnoles; ça courre à la messe et ça ment comme ça respire.
Hypocrisie. education d'hypocrite, de moins que rien.
article-VM-2008565.jpg
Et ton père: pas de face ce mec...L'a jamais du vouloir
reconnaître sa fille que sur le papier celui là. Un tas ce mec, un empapaouté de fariboles un mange merde, face de gobi , tu l'as embauché au noir mon pauvre neveu. Ne vous y trompez pas pauvre chez nous veut dire défunt.

Et ta mère ... qui raconte que ce troisième gosse c'est Dieu qui te l'a envoyé. Ben ...il a mal choisi la mère Dieu, il s'est gourré ce jour là. C'est difficile le métier de Dieu, y fait des bourdes et ce sont les autres qui les rattrappent en disant Dieu éprouve le gamin dans sa foi, c'est pour être sûr que ce  pauvre gosse l'aime bien lui Dieu qu'il lui a donné cette mère...Salopards! Dépéchez vous de le mettre à l'abri ce gosse avant qu'elle ne l'escagasse. L'aura pas le temps de prouver quoi que ce soit...

Et puis voilà un soir Bruno serait arrivé bourré chez elle et elle est justement avec le mec précédent, un ami d'enfance le fils du proprio du bar d'à côté "le Brassa" café tabac  Un spécialiste en préparation charcutière. Non c'est pas de la blague c'est vrai !
Alors bon comme il est bourré elle lui fait promettere d'être sage et fait ouvrir la porte par son fils parce qu'il paraît que Nono voulait entrer par la fenêtre qu'il avait commencé à escalader le mur. Mais Bon !La police judiciaire n'a pas trouvé de traces d'escalade.On reviendra sur leur rapport plus tard...
Et il se jette sur elle et veut lui arracher le téléphone, la bat sur le lit. Le juge fait remarquer que sur les photos prises par la PJ le lit est impeccable  et le téléphone tombe on ne sait où, et elle dit à son fils d'appeler la police avec le second téléphone et le minot file dans sa chambre et Nono le suit et elle , elle a peur pour son fils et va dans la cuisine prend un couteau et le plante dans le dos de Bru de la main droite. manque de bol elle est gauchère. Alors les uns et les autres la cuisinent un peu là dessus parce que c'est pas logique : Elle lui plante le couteau dans le coeur de la mi droite (or elle est gauchère) alors qu'il est assis sur la couchette inférieure de lits superposés, avec un mur à sa gauche... Et les pompiers retrouvent Bru  assis par terre en tailleur au milieu de la pièce....
Et après qu'est-ce qu'il s'est passé? Ben elle ne sait plus elle ne sait pas...
"Ben il est mort quoi..."
Le couteau: 17 cm de long marque "à tout pas cher mais costaud"
Enfoncé sur 15 cm en plein dans le coeur! Mon gaillard de neveu mesurait 1m80 et travaillait pour de bon dans le bâtiment. Elle a une force incroyable de la main droite en plantat à gauche sur la couchette inférieure d'un lit superposé n'est-ce pas? Et surtout c'te nabotte elle mesure 1m50 à tout casser...Elle a cru ( ces gens sont très croyants, on le sait...) que son  fils était en danger. En danger de quoi? De se faire arracher des mains  un portable pour qu'il n'appelle pas la police ?Mais il a des jambes Bru et il sait bien que la police met du temps à arriver. Il n'était pas la pour le constater mais il leur a fallu 3 quarts d'heure au bas mot pour débarquer.
Tout ça ne tient pas debout. Mais il paraît qu'il n'est pas acceptable pour la famille des victimes de faire appel. C'est considéré comme une volonté de vengeance...

Mais que faisait-il avec cette nana?

La suite au prochain numéro.

Par MADALIAN
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 21:17
Elle avance derrière son père et déjà ils se regardent muets dans la glace de l'ascenceur . Il l'étreint . Elle dégage son visage des replis de son veston quand le groom annonce le septième étage .Ils empruntent alors un escalier qu'il monte quatre à quatre, et dans un grand geste il ouvre la porte et saluant bien bas la petite demoiselle il annonce:" les nouveaux appartements de Nanette!". Sur l'immensité du ciel des volutes de fumée traversent le ciel de Shanghai. La pluie s'est arrêtée et le ciel moutonne. Au pied des murs face aux immenses baies vitées un bric à brac de toiles s'amoncelle "femme au costume rouge" "le chinois" les titres appellent le geste du curieux qui soulèvera le cadre léger et  le tenant à bout de bras se laissera interroger par l'artiste absent, son propre esprit à découvert, face à la toile .
Nanette traîne les pieds et d'un saut s'installe sur un  canapé. Son regard est fixé sur un titre "jeune femme à la tresse". Et si... Nonelle ne se lèvera pas pour retourner cette toile. Non.
Alexandre a accroché son pardessus moite au perroquet sur lequel pendent les blouses des absents, Elise, Wang et tous les autres.
Il fait chauffer de l'eau et sort  de la poche de son gilet une boîte  oblongue qu'il ouvre et porte à ses narines après en avoir effleuré le contenu du bout des doigts. Puis saisissant une pincée il laisse tomber patiemment les feuilles de thé dans la casserole et les regarde danser. Si Xiangtiao était là elle crierait au scandale. Avec tout le mal qu'elle se donne pour trouver le meilleur Oulong Monsieur prépare le thé à la barbare. Cela ferait bien longtemps qu'elle lui aurait arraché la boîte des mains  en lui lançant un Tseeuh réprobateur et hautain histoire d'avoir l'impression de l'humilier.

C'est bien pour éviter sa présence qu'en cette fin d'après midi il avait mené Nanette jusque dans son  atelier au dessus des bureaux de l'agence"Lion Voice" .

He bien je vais vous dire elle se disait bien que cela cachait quelque chose la Nanette.

Et en lui amenant a bout de doigts un bol fumant il commence et annonce:
"Nanette grand mère t'attend à Paris . Tu pars dès que ton passeport est prêt."
 Alors elle repousse le bol  et se retourne dos à son père pour se lever brusquement et lui jeter à la figure: "Bien sûr maintenant je ne suis plus ta fille et puis il y a l'autre là ...Alors on m'expédie en France. Elles avaient raison les filles à l'école c'est à mon tour d'être shanghaiée. Ben si tu crois que je vais me laisser faire".
Elle se précipite  sur la porte et se jette dans l'escalier de service. Alexandre prend le téléphone   et Laoli le groom le  rassure:" Oui il récupère la peutite demoisel'oui que monsieur ne s'inquiète pas Yesss siiir".

"He bien je vais te dire mon grand heureusement qu'il était là le Loali parce que  la première voiture c'était pour moi j'étais bien décidée et j'aurais pas attendu qu'une Dedion bouton  ... Quoi tu rigoles tu n'sais pas Une dedion ...
oui c'est une marque. J'n'aurai pas choisi..."

Oui voilà

Ah petite...!

Si tu m'avais écoutée ce jour là tu serais peut-être repartie bien vite à la Chine...et tu n'y serais plus dans cette ville .  On y échoue toujours quand on y reste, c'est un port cette ville . Faut pas rester dans les ports, faut y passer...Ou alors faut être marin ...Oui même les femmes...
Par MADALIAN - Publié dans : la-scribouillarde
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Jeudi 1 novembre 2007 4 01 /11 /Nov /2007 05:20
Il fallait qu'il en soit ainsi. Tout d'abord le mariage de ma mère, deux témoins au consulat de Qingdao et puis cette église qui sentait la peinture fraîche mélée au parfum têtu d'une curieuse fleur blanche, de ces parfums dont on cherche la provenance sans pour autant identifier de quel arbuste insignifiant il peut provenir. Et leurs minuscules corolles me semblaient danser autour du visage de maman comme nos promesses de rires et de journées lumineuses.Depuis que mon père lui avait promis de l'épouser elle avait retrouvé la couleur de ses rires, et ses pas une sorte d'allégresse.
Puis ses funérailles, à Shanghai un jour d'hiver moite et froid,  et cette église et tous ces pots de chrysathèmes qui masquaient mal l'odeur du ciment frais entre les briques, emmurant mon chagrin dans les méandres de leurs savants pétales.  Mon regard se perdait au plus profond de leur épaisseur repliée sur un secret que le seuls les défunts perçoivent. Ou du moins c'est ce que pensent les vivants les encore debouts, ceux que le soleil pourrait encore réchauffer dans la grisaille de cette journée aux effluves distinctes  de charbon brûlé et aux échos lointains de mitraille.
Et ces souliers les mêmes qu'au soleil de Qingdao et le bruit de mes pas redoublant ceux de mon père qui avance le front baissé et les yeux masqués par son borsalino.
Ses pas ne nous menaient pas à cet appatement ou retentissaient encore ses rires dans l'épaisseur des vitres , où l'élégance de ses gestes se distinguait encore dans le glissement  et le bruit mat des cables qui commandaient à l'ouverture des fenêtres.
Le lendemain mes amies à l'école m'attendaient devant la catéchèse.  Je tournai les talons. Je ne porterai jamais mon aube de communiante, ni aucune robe blanche.

Là bas c'était la couleur du deuil, voyez-vous.
La gamine  le sait bien, le blanc c'est la couleur des morts comme celle des os.
Mais ici on fait semblant de ne pas le savoir qu'un jour les os blanchissent. On se voile la face de crêpe noir, de mantilles tragiques on imagine le monde sans lumière, sans eux, même pas le souvenir à présent. Ou celui que l'on repousse, celui qu'on n'admet pas, celui qui revient lancinant nous blesser avec son visage de repoche. Ce souvenir qu'on se cultive histoire de se sentir bien vivant par la douleur qu'il ravive. Ce souvenir...C'est à lui qu'on veut tordre le cou. Et pourtant il nous tient avec sa face de remord,  et il ne nous lache pas et il nous attache là dans notre passé, et il nous tient ce chien de souvenir mordant à la tête piteuse .

Allez va petite...
Allez la gamine
Par MADALIAN - Publié dans : la-scribouillarde
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Vendredi 23 mars 2007 5 23 /03 /Mars /2007 15:21
La scribouillarde a débarqué un jour dans cette ville comme tant d'autres.  On y débarque obligatoirement, la ville est un port, avec des bars et des marins,
Je ne l'ai vue qu'une fois cette gamine. On a échangé deux mots et juste un regard qui en disait long. Elle revenait de Chine, et semblait vouior se raccrocher à moi. D'une certaine manière je la comprends. C'est pas facile de plier ses ailes et de jacasser comme les autres. mais après tout  c'est bien ce que j'avais fait moi. Et personne pour me faire de cadeau bien au contraire. Alors quand elle a pris son air madmoiselle je sais tout et votre  affaire c'est pas du gâteau, j'ai pas hésité une seconde, j'ai rajusté mon châle sur mes épaules et j'ai tourné les talons. J'aurai bien aimé savoir si elle avait rencontré Brionval, mais elle m'a sorti un autre nom en val, j'insistais, j'étais persuadée qu'ils étaient repartis. Pour me faire plaisir sans doute elle m'a lancé un nom et pour lui rendre la politesse j'ai acquiéscé, j'ai même prétendu m'être trompée avoir oublié...Cela fait si longtemps que je fais l'âne pour avoir du son. car quelle que soit la version qui m'ait été servie, je n'ai jamais su la vérité sur cette affaire.
Par MADALIAN - Publié dans : Un architecte en Chine
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Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 11:28
Port-Saïd...Shanghai Misterr, misterr, look look , good antics in our shop, we hav' jewellerry, gold, silferr, alabaterrr,...a girl?...where you frrom inglish, italian, i see frrench. Tout est à vendre à Port saïd, les denrées des quatre coins du monde s'échangent, les étals de fruits se déversent sur la rue et l'odeur sucrée du tabac turc se mêle aux effluves de café.Alexandre se réfugie dans sa cabine. L'Egypte ce n'est pas pour lui, le baron Empain a déjà créé Heliopolis et a tous les architectes qu'il désire à son service. Non!Il a hâte d'arriver à Shanghai, et comme tous y bâtir une fortune. Il paraît que les banques y poussent comme des champignons, qui dit banque dit immeubles. Et là il est à son affaire. Il a rencontré à bord un personnage qui le laisse songeur. Un donneur d'ordres pour un cabinet d'architectes Suisse. Agréable et cultivé, mais un rien envahissant, prêt à tout pour côtoyer les personnalités les plus en vue à bord. Il a même essayé de soudoyer le maître d'hotel pour obtenir une place à la table du capitaine. Cet homme ne manque pas d'audace, c'est certain. Une grande gueule , un type qui s'emporte pour un oui ou pour un non, et insulte le personnel parce qu'on lui présente une tasse de café, la anse du côté gauche . Il est au courant de toutes les combines pour tirer les ficelles visiblement, mais justement autant demeurer prudent et voir sur place.

Alors Léonard, rêveur ? Depuis quelques jours le navire croise de plus en plus de bateaux , des jonques pour la plupart. Aux abords de l'embouchure du fleuve d'autres embarcations plus légères se rassemblent en rayonnant autour d'un seul point d'encrage . A bord s'activent hommes femmes et enfants. Les cerfs volants volent au-dessus des sampans et on entend partout les cris d'un bateau à l'autre. Les colis, les paniers , chargés à dos d'homme ou sur des palanches oscillent en rythme avec les passerelles et passent de main en main , embarcations légères , lourdes jonques qui manoeuvrent lentement. Debout sur un sampan un vieil homme prend appui sur une de ses jambes et se penche pour manoeuvrer d' immenses rames en pesant de tout son poids, il rejette son corps en arrière pour les ramener croisées à hauteur de ses épaules, se courbe à nouveau, doucement son gaidou se faufile dans ce labyrinthe flottant. Dans l'abri qui couvre l'arrière de cette embarcation une femme, un enfant sur le dos enveloppé d'une étoffe fleurie . Elle se retourne régulièrement pour soulever le couvercle d'une marmite et en retire des crabes ficelés qu'elle range avec précaution dans un panier . L'enfant détourne la tête pour éviter la vapeur qui se dégage de la marchandise et ferme les yeux aveuglé par le soleil. Les enfants sautent de pont en pont en se disputant.Odeur de friture,énormes marmites fumantes sur les bateaux, sur de longues tiges de bambou les pantalons sèchent enfilés par une jambe , les chemises par les manches,image déconstruite des corps, volutes d'encens, paniers de légumes verts, jarres au col cernées d'une étoffe écarlate, relents de poisson et de légume pourri, bassines émaillées, splaatch par dessus bord, bouquets d'oriflammes aux caractères mystérieux à l'arrière des jonques, claquements de voiles, bruit sourd du bois des rames sur les coques, sommeil sur un chargement, armée de coolies qui courent, genoux fléchis, un mouchoir sur la tête, travail des femmes sur la rive qui remplissent des paniers de terre, foulard sous le chapeau, palanche et seaux de poisson, marche, le pied posé à plat et rentré en dedans typique des gens de la mer, le port approche on en voit bientôt les quais, et les bâtiments du bund. Coups de sirène du paquebot, réponse alternée des pilotes . Les nouveaux arrivants retiennent leur souffle, rient ou tout à coup se renfrognent au gré de leurs découvertes . Les plus anciens crânent et notent les changements, les étages supplémentaires, insistent sur l'augmentation constante du prix du terrain selon l'emplacement, donnent l'adresse de leur tailleur, du meilleur restaurant de poisson, de la salle de jeux la plus fabuleuse, cite le nom des intermédiaires chinois et des personnalités des concessions en parlant fort ,pour faire eux aussi les importants, et font mille recommandations aux nouveaux, ne pas faire se laisser approcher des mendiants, choisir un porteur en bon état, discuter le prix de la course en rickshaw, vous savez bien toutes ces petites choses essentielles pour les hommes qui se considèrent comme des porte-monnaie sur pattes. Les plus mordants sont les anglais forts de leur expérience de Hong Kong "the colony" .Ils ont toujours mille anecdotes pour présenter les chinois retords et rusés,âpres au gain.L'esprit des concessions préexiste sur le bateau avant même que ces nouveaux arrivents n'aient mis pied à terre,  les conversations à bord ont cultivé les mentalités, ils sourient tous ... Et même si certains se disent qu'ils ne rejoindront pas la charge, eux, du troupeau beuglant des colons , ils seront peu à ne pas se laisser emporter par la fièvre shanghaïenne, monney sex and drugs ...
Par MADALIAN - Publié dans : Un architecte en Chine
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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 20:47
Mademoiselle Eynay de Faud est fort bien née. Mais très mal venue. Au monde des siens, blond on est.Adulée et brune elle naquit. Rien  ne lui échut que la haine  de ses aînés pour le manant, le sans nom, le peuple.

Mademoiselle regarde le monde par en-dessous, mèche et sourcil protègent son regard dédaigneux. Mademoiselle a tout juste 15 ans et elle ne supporte pas que sa blonde soeur rie ainsi avec ce jeune sorti on ne sait d'où. Il a l'accent pointu, mais connaît Toulon comme sa poche. Des vêtements classiques pas vraiment mode, il parle de Paname mais habite chez son grand père dans un quartier chic. Il a du bagou il faut le dire, enjôleur et un côté canaille qui perce dans ses propos, il est appuyé là sur la barre du bus tellement grand que sa blonde soeur semble enveloppé par ce gaillard qui lui aussi ne doit pas avoir plus de 16 ans.
"Contrôle messieur dames!"
Mademoiselle sort de son petit sac à main son ticket de bus à elle , sa soeur se prépare à en faire de même. Le contrôleur se tourne vers le  jeune gaillard
- et toi?   Tu ferais mieux de chercher ton billet plutôt que de regarder ailleurs .
Le gaillard  tâte la poche arrière de son jean, en sort un portefeuille flambant neuf, cherche encore dans la pochette de son polo, et s'exclame avec un fort accent titi, l'air désolé.
-M'sieur, je n'arrive pas à mettre la main dessus . Il a du tomber. Il regarde autour de lui et prend les filles à témoin. J'ai composté l'billet hein t'as vu toi Doro, t'étais derrière moi. Doro fais une moue dubitative. Bon vos papiers jeune homme.
Il sort ses papiers lentement et les tend  au contrôleur. Celui-ci a déjà fourbi son  matériel , stylo prêt en un "clic", carnet de contraventions qu'il feuillette d'un coup de pouce  et commence à inscrire . Nom Lerod prénom Bruno. Où tu habites, tu n'es pas de Toulon, et cette carte d'identité est dans un état! Avenue Vladimir... On ne voit plus rien sur cette carte. C'est où? Tra... il n'a pas le temps de finir sa phrase, nouvel arrêt les portes s'ouvrent. Bruno lui  arrache le carnet et la carte d'identité, saute du bus , lance un ciao sonore et les portes se referment juste derrière lui . Et il court Bruno il court vite, il court loin, se retourne une seconde , ralentit  à grands pas  et s'engage dans une allée où un magnifique buisson d'aubépines se referme ruisselant de pétales sur le carnet de contraventions.  Les cons les cons, oh les cons répète-t-il haletant. Il reprend son souffle adossé à un mur les mains sur les jambes .  Pfff. se dit-il si ces deux gazelles apprennent que je viens de Trappes je suis grillé, grillé, grillé. Tandis que là... Bon , c'est chaud mais on verra...Elles vont pas balancer l'adresse du grand père tout de même!
Par MADALIAN - Publié dans : la-scribouillarde
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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 15:24
Rejetant la visière de sa casquette Bruno regarde les horaires de train. A ces côtés légère et crâneuse une gamine les bras croisés tape du bout de ses chaussures de docker roses  et l'invective. On dirait qu'elle parle et qu'elle mange des pois chiches en même temps.
"Oh Bruno mais on s'en tape si c'est l'TGV. Y'a pas de problème une fois qu't'es d'dans. Vont pas t'faire descendre les keufs. Merde qu'est-ce tu fais chier à nous prendre la tête avec ton corail. Y va mettre des plombes ton train et on nous f'ra descendre j'te dis."
 Elle rejette la tête en arrière et avale une gorgée de soda  puis s'avance scandant ses phrases d'un doigt accusateur. J'te préviens si on s'fait gauler dans ton train de merde j'rentre à Fontenay.

Il ne bouge pas, fronce les soucils ramasse les sacs et en allant de l'avant annonce sur un ton laconique  "Voie 15".Puis " Karine, T'énerve pas. Tu la verras  la mer et puis là-bas y'a mon grand père mes cousins cousines  mes oncles et toute la smala Lerod y sont super sympa. Et le père nous filera un coup d'main."
Bruno est immense et marche à grandes enjambées, elle minuscule trotte pour le rattrapper entre deux pas.
"Oh Bruno tu m'as fait attendre pendant des heures et là faut qu'tu courres comme un dingue . Oh attend moi.!
-Oui Karine, oui, j'tattends t'en fais pas t'auras pas à r'partir à Fontenay.
-D'toutes façons si j'repars à Font'nay mon père j'l'appelle y vient me chercher.
-Ziii va j' te crois pas.  Ben appelle.
Elle se tait et le suit Un pas marché quatre pas courus, deux pas marché, quatre pas courus...

Le train corail qui dessert Paris Marseille est un train supplémentaire. Comme l'a prévu Bruno habitué au trajet, il n'y a personne. "Regarde le palace! On peut tirer les banquettes et s'faire des couchettes c'est pas dans le TGV que Madame pourrait s'installer un salon oriental ! Elle sourit et il la laisse entrer dans le compartiment en  grand seigneur , la saluant bien bas au passage. Hum j't'adore la p'tite. Tu verras..."
Et il lui raconte la mer les rochers les roses des jardins et après l'Afrique. Oui ils vont partir tout les deux le temps de se faire des tunes. Et puis dès qu'il aura son djembé elle verra il trouvera du taf dans un groupe de toutes façons " c'est sûr, lui dit-elle t'es le seul babtou à taper aussi bien qu'les meilleurs des keblas de toutes les Yvelines de Trappes à Fontenay".

Par MADALIAN - Publié dans : la-scribouillarde
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Dimanche 18 février 2007 7 18 /02 /Fév /2007 10:50

ER

Karine Bruno un jour:
-les toits les cheminées le plus haut des toits pour toi, parce que toi tu es en haut, respect
-T'es bourré bru
-non j'vais l'faire
-Quoi
-j'vais dire : eeeee reeeee

Un autre jour:
-Regarde tate, y'a un gars qui est allé écrire sur les cheminées là.
-K karine B Bruno R errent E eux
-Non R Reux E Heu
-Heu? C'est toi qui a écrit ça?
Silence.

Bien après:

Silence. Je passe dans la ville. Et si c'était Ka Beu Heu reu...
Possible. Possible...

La ville s'est couverte de tags :Barne
Comme Bruno prononcé par le grand-père de Samir.
Peut-être. Peut-être...

Les Yoh s'effacent...traces d'un parcours, d'un territoire?
Je ne saurai jamais...


Par MADALIAN - Publié dans : la-scribouillarde
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Vendredi 16 février 2007 5 16 /02 /Fév /2007 19:18


Et voilà. T'en a qui font des recherches soit disant, on se demande où ils vont pêcher ça et ils te racontent que oui oui oui ton grand-père a été zigouillé par sa bonne femme pour le fric et que ben, ils z'ont maquillé ça en accident de chasse.
-Comment ta grand mère n'est pas morte en 1946 que je sache, mais bien avant en 1934 non?
-Oui Oui il s'est remarié le grand père. Bon je t'explique. Après la mort de ma grand-mère qui était malade peuchère, diabétique ou quelque chose comme ça, hé beh, Nanette est restée à Shanghai avec son père. Je pense qu'ils habitaient au Bearn. Hé oui elle me parlait toujours de cet immense appartement. Mais bon. Donc quand ça a commencé à barder à Shanghai après l'arrivée des japonais le grand père, il l'a faite partir par le transmandchourien
- Mais le pays était en guerre
-Oui oui je sais pas moi, mais il s'est débrouillé, on a son passeport les visas et tout, elle avait 13 ans.
-Et il s'était remarié?
-Et oui.
-Avec qui?
-hé beh je ne sais pas trop, on me dit qu'elle s'appellait  Rosted et qu'il y avait des Rosted route Sai Zoong, ils disent qu'ils ont retrouvé l'adresse dans le bottin de shanghai et un article dans le Journal de Shanghai de 1936 avec l'annonce du mariage d'Alexandre Léonard avec A. ROSTED, mais ils n'ont jamais su à quoi correspondait le A., et moi j'ai un acte de mariage (mais pas d'acte de décès) cet acte mentionne ANNA BOVSHIS et franchement je me demande encore pourquoi on a transformé un nom Lituanien en Rosted...
-Il faut vérifier tout cela, aller chercher à Paris ,éplucher ce journal, en même temps je passerai aux archives nationales récupérer son dossier des beaux arts.

-Madame "la scribouillarde" prend le train aujourd'hui?
-He oui Nanette, et il me semble que vous y êtes pour quelque chose
-Si vous pensez que je l'ai fait exprès de naître de mère russe et de père français à Tsingtao en 1926 Pfff! Dites donc là vous écrivez ou enquêtez exactement?
-Ca dépend. Parfois j'ai une loupe, parfois un clavier au bout des doigts.
-D'ailleurs j'ai noté grâce à ma loupe que votre père a souvent un mouchoir dans la main droite...
-On s'enrhume partout ma chère surtout à Shagnhai. Je vous ferai signe à Paris.
-C'est ça à la bibliothèque Nationale

Oh je fais de ces rêves ...Bon voyons voir bibliothèque François Mitterand. Holala, qu'est-ce qu'il y a comme policiers dans cette station, pour l'accès à la ligne spéciale. Tout ça pour trois stations.... Ah oui vigipirate.Tiens encore une patrouille qui monte par l'escalier roulant. Il vient d'en passer une . Oh ça alors encore une, mais c'est pas vrai. A tous les coups j'ai droit au contrôle d'identité.
 Non non je ne suis pas blonde, bientôt, on va même maquiller Dupont et Dupond, hop , sans leurs moustaches et teints en blond.Haddock idem, Gaston Lagaffe  pareil. Ca y est je peux repartir allez zou.


Houlala. Mazette c'est grand et... attention les marches glissent, ça fait Leroy Merlin,  où est l'entrée ?Je fatigue là. Ah il faut que je réserve, ah, il faut que j'ai une carte pour aller consulter le Journal de Shanghai . Ha c'est payant.

Trois jours après...Oui il faut commander les livres non pas de copies, oui le Journal de shanghai, non vous n'êtes pas au bon endroit pour les grands formats, question de monte charge. Oui le café, non là bas au bout, encore quelques Km.Tiens voyons le rayon philo.Ah en anglais Aristote et Epicure? Oui pourquoi pas. Je vois on trie ici  . J'en ai ras le bol de ce monde où on maintient les frontières étatiques -ce qui permet de jouer sur les différentes  lois du travail et du change - et où se consolident  les frontières sociales.
 
Alors bon sur le Journal de Shanghai, fondateur Jean Fontenoy, il y a effectivement "nous apprenons le mariage de Alexandre léonard avec A. Rosted" 1936 un peu avant Noël. Quelques pages plus loin une photo de la maquette de la future municipalité de Shanghai sur les plans d'Alexandre. Et des photos du club des artistes.Oui Nader m'en a parlé de ce club et de leurs expositions, les locaux, d'après Nanette, étaient au dessus du bureau de son père. Tiens un indélicat a arraché des pages...

Bon les copies des différents documents me parviendront dans 15 jours...
 
-Alors la scribouillarde, toujours pas de photos de la municipalité?
-He non Nanette, je n'ai jamais reçu ces documents,ils me proposaient ...je ne sais plus quels autres documents que je n'ai jamais consultés... Navrant. Epuisant. Agaçant.
-Ah l'administration c'est quelque chose, ce sont les rois de la catastrophe les forçats de l'embrouillamini, Ahhhh! Je riiis!!!De vous voir si réelle dans ces déboires. Boire. Oh oui allez vous réconforter en face justement Hahaha!Il y a une jonque et dans la jonque un bar!
Par MADALIAN - Publié dans : Un architecte en Chine
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